Obtenir un prêt à la reprise d’entreprise, c’est d’abord une question de confiance !

Lorsque vous préparez un projet de transmission d’entreprise, ayez toujours à l’esprit qu’il devra tôt ou tard convaincre le banquier, car c’est lui réalisera le projet.

Et son point de vue est simple : minimiser les risques pour assurer un remboursement sans turbulence pendant 7 ans, qui est la durée standard des prêts à la reprise.

Pour obtenir un accord bancaire, en tant que repreneur, vous devez présenter un projet équilibré sur 5 points cardinaux : votre CV, votre niveau de vie, vos apports personnels, la rentabilité de l’entreprise et son prix de vente.

 

Fournir des informations transparentes pour gagner la confiance

convaincre le banquier

Le CV, avec lequel vous passez en revue vos diplômes et expériences professionnelles. Lors de l’entretien avec le banquier, gardez toujours à l’esprit que votre attitude aussi est évaluée. Au travers de votre personnalité et de votre capacité à prendre des décisions, il doit voir en vous le futur chef d’entreprise. C’est pour cette raison que lorsque vous présentez un projet, vous devez le connaitre sur le bout des doigts et être capable de répondre à toutes les questions. Il existe aussi des métiers pour lesquels un diplôme, sinon une certaine expérience professionnelle, sont obligatoires comme dans les métiers de l’artisanat par exemple.

 

remuneration dirigeant d entreprise

Votre niveau de vie. Que vous soyez célibataire ou en couple, la question qui se pose est : L’entreprise ciblée peut-elle pourvoir au revenu dont votre ménage à besoin pour vivre ?

Le banquier étudie alors votre endettement personnel (pour la résidence, la voiture ou autre), les revenus du conjoint si vous êtes en couple et s’assura que vous n’endossez pas un historique handicapant type incident bancaire, surendettement ou divorce en cours. Si votre situation personnelle est clarifiée, il passe à l’étape suivante :

 

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Vos apports personnels. A l’exception des petits projets inférieurs 15 ou 20 000 €, il faut toujours amener entre 15% et 30% de fonds propres par rapport au financement global d’un projet de reprise. Cet apport est idéalement constitué d’épargne. Certains repreneurs qui n’ont pas ou peu de fonds propres peuvent parfois les remplacer par une subvention. C’est le cas des demandeurs d’emploi indemnisés qui peuvent bénéficier de l’ARCE. Le cas échéant, c’est une règle : pas apport pas de reprise ! C’est un principe que le banquier impose pour deux raisons : d’abord parce qu’il est rare qu’une entreprise puisse supporter un endettement à 100% de son propre prix de vente. Ensuite parce qu’il attend d’un repreneur qu’il partage les risques. Si vous croyez au projet, vous devez le lui prouver par votre implication financière.

 

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L’entreprise ciblée est maintenant étudiée. Vous devez indiquer le motif de cession, la nature de ce qui est vendu (un fonds ou une société) et fournir les bilans des trois dernières années, le bail ainsi que le compromis de vente. La liste des pièces doit être complète et le projet parfaitement transparent. Il faut démontrer que l’affaire est suffisamment rentable pour rémunérer l’exploitant, rembourser un prêt et éventuellement investir. Parmi les bonnes pratiques, n’hésitez pas à solliciter la banque du cédant, car elle connait bien l’historique de l’entreprise, ce qui vous facilite la négociation.

 

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Le prix de vente. Ce n’est pas le rôle du banquier que de le commenter mais il s’en fera tout de même une idée avec une méthode qui tient surtout compte de la capacité d’autofinancement de l’entreprise. Ainsi il convient de savoir rapidement comment évaluer un fonds de commerce par la méthode bancaire pour mieux défendre votre projet. Si vous souhaitez affiner encore vos connaissances et renforcer votre argumentation, nous vous invitons à découvrir les différentes techniques d’estimation d’un fonds de commerce, autres que celles fondées sur la rentabilité.

A ce stade, le banquier peut se positionner. Si vous n’obtenez pas votre financement, c’est que votre projet n’est pas équilibré : soit les compétences sont inadaptées, soit le niveau de vie est trop élevé, soit les apports personnels sont trop faibles, soit l’entreprise n’est pas assez rentable ou bien le prix de vente est trop élevé. Dans la pratique, ce sont souvent les 3 derniers points qu’il faut retravailler et vous avez toujours une seconde chance de présenter votre projet. Selon la même logique, dès votre projet est équilibré sur chaque point, alors vous obtenez votre financement !

 

Reprendre l’entreprise et acheter les murs : Oui mais pas en même temps !

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Il arrive parfois que le repreneur demande au banquier de financer en même temps la reprise de l’entreprise et le rachat du bâtiment qui la loge. Il est très rare d’obtenir les deux au même moment et ce, même si vous démontrez que le montant du remboursement pour les murs serait équivalent à celui d’un loyer. En réalité, le banquier ne s’expose pas sur deux fronts en même temps. Il prend d’abord sa part de risque sur le financement de l’entreprise et attendra deux ou trois ans pour s’assurer que vous avez bien réussi votre reprise. Dès lors, le rachat des murs devient possible. C’est une situation assez classique pour laquelle il est très facile de prévoir dans le bail de location, une option d’achat à terme.